Interview sur la RTS – La matinale du 24.03.2022

J’ai été interviewé (04:52) par Etienne Kocher dans le cadre d’une discussion sur « l’augmentation des dépenses consacrées à l’armée » proposées par la Commission de politique de sécurité du Conseil fédéral. Je décris ci-dessous les grandes lignes de la réflexion sur laquelle se base mon intervention.

Interview (mp3)

Que faire avec de l’argent supplémentaire ?

L’armée a publié en 2019 un Rapport sur l’avenir des forces terrestres, pendant du rapport Avenir de la défense aérienne de 2017.

En particulier, le rapport présente trois options de développement de la composante terrestre de l’armée :

  1. Focalisation sur la défense militaire pure avec des investissements de l’ordre de 10 mia de francs
  2. Focalisation sur des conflits hybrides avec des formations plus légères – 6 mia
  3. Option 2, avec une capacité à durer plus longue par l’augmentation des effectifs (de 100’000 à 120’000 militaires) – de 6 – 9 milliards

Ce rapport peut servir de base pour les acquisitions. On peut imaginer que les adaptations des Forces terrestres iront dans le sens de l’option 3.

Agenda d’acquisitions

Intuitivement, on pourrait prévoir de commencer par des achats stratégiques qui apporteraient rapidement un impact maximum. Cependant, les acquisitions de matériels complexes doivent être préparées et accompagnées. On ne peut pas acheter des systèmes d’armes sur étagères.

La mise en oeuvre pourrait prendre la forme suivante:

  1. Achats de fruits mûrs (munition, logistique, …)
  2. En parallèle, retour des expériences de la guerre, analyse et ajustement des besoins planifiés.
  3. Acquisition selon le rapport sur l’avenir des forces terrestres ajusté (par exemple: drones, missiles anti-chars)

Les effectifs de l’EM de l’armée et d’armasuisse ne suffiront pas pour gérer des acquisitions nouvelles. Il faudra davantage de personnels  pour planifier, tester et acquérir les matériels supplémentaires. Une augmentation des effectifs du DDPS n’est probablement pas à l’ordre du jour. Il faudra donc procéder à des transferts au sein du département.

L’école stratégique française traditionnelle … avait concentré la stratégie en deux règles d’une grande abstraction : l’économie des forces et la liberté d’action, qui par leur abstraction même peuvent s’appliquer à toutes les stratégies
Beaufre (1962, 431)

Finalement, la préservation de la liberté d’action est un facteur central de la stratégie. Il faut donc choisir des options qui permettront au Conseil fédéral, dans le plus long terme, de disposer d’options sécuritaires flexibles.

 

Séquence

Bibliographie

Beaufre, André. 1962. « Vue d’ensemble de la stratégie. » Politique étrangère: 417-446. https://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1962_num_27_5_2331.

 

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